
Près de Pont-à-Mousson en Lorraine.
C'est l'histoire d'un choc. Ce lieu qui m'a un jour éblouit...
C'était un dimanche pendant une des "journées du patrimoine" du mois de septembre, le dernier château à visiter après Cons la granville et La Grange était bien Aulnois-sur-Seille, situé sur le chemin du retour vers l'Alsace. Vers 19h, le crépuscule commençait à s'imposer. Quelle fut ma surprise de découvrir cette imposante demeure, maintenant devenue une école maternelle avec côté pile, médiéval avec tours de défense, pierres en ronde bosse, meurtrières, que l'on ne soupçonne pas sur cette photo et côté face, XVIIIème siècle ! Pour découvrir cette magnifique façade, j'empruntais un chemin à travers champs dans ce qui avait été certainement un jardin à la française. Une belle lumière dorée se répandait sur les herbes folles, sur les larges marches du château et sur sa façade aux volets fermés. C'était un réel moment de grâce qui s'offrait à mes sens. Une délicate attention faite par cette demeure, telle une dame âgée, qui fut un jour la plus belle, me présentais maintenant ces plus somptueuses dentelles désormais jaunies et rapiécées que je n'osais pas avouer. Les vitres faites à la main resplendissaient de milles feux. Un ravissement pour mes yeux face à l'objet du souvenir d'une époque lumineuse avant les troubles de la révolution, de sa terreur, du sang versés pour une particule trop lourde. Autour de moi, rien que le silence et la douceur d'un vent tiède et la nuit qui avance. Sur le toit du château, une multitudes de pigeons silencieux, aux aguets avaient pris leurs aises, plusieurs centaines je pense tant ils paraissaient nombreux. Arrivé juste à la porte d'entrée je restais étonné de l'impitoyable serrure fermée pensant me placer à table pour le souper aux milieux d'autres convives.Le grincement de la porte pourtant prometteur déclencha l'envol des pigeons qui provoquèrent un concert de bruissements d'ailes entre clapotis assourdissants et applaudissements éclatants, le tout dans un bouquet de souffles venteux qui me figea sur place d'admiration. Je devenais spectateur et acteur d'un spectacle unique dont je ne connaissais pas le nom. Au bout d'un moment, les pigeons retrouvèrent leur quiétude, leurs places attribuées. Béa, grisé par cette beauté, je rejoignais dans la pénombre, ma voiture que j'avais garé.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire