Nature morte aux objets abandonnés.
Au creux des poussières s'effacent les deniers instants des pages glorieuses de musiques liturgiques à jamais silencieuses. Dehors la lumière, les vivants en mouvements. Sous le verrou verrouillé, dedans, les ombres froides et humides se meuvent sans témoins. Dehors l'astre chaud en vain, rythme leur cadence à travers les fenêtres blafardes et plombées. Frontières temporelles inviolables, invisibles bourreaux, serviteurs forcés de La Grande Indifférence. Les objets, les voix se sont tus et laissent à la place un silence pesant. Le miracle n'est plus car la source s'est maintenant tarie. Ce que les bombes n'ont pu faire, la pluie et le vent s'en chargent, cruels et lents destructeurs. Une beauté qui se meure, saints de pierre, ors passés, stucs déchirés, la brique explose au ralentis, hormis quelques faiblesses, les tuiles vaillantes ne se résignent pas encore, comme les anges, qui ne cessent d'implorer, tels de courageux résistants ce que leur dieu leur ont un jour répéter. Des histoires de Salut et de Vie Eternelle. Désormais, seuls les pigeons sont les témoins des nombreuses plaintes en latin échappées de la fragile voûte baroque, écho d'un Miserere moribond qui résonnent à qui peut l'entendre, SOS incompréhensibles pour les proches passants indifférents, appel étouffé par les profondeurs rappelant sans cesse, l'inévitable retour à l'Origine qui se précipite chaque jours de plus en plus. La fatalité du destin de redevenir bientôt cendre et poussière... pour les pierres comme pour les hommes. Reste le souvenir. Peut-être.
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